L’univers entier entrera dans l’Eglise du Christ et deviendra le Royaume éternel de Dieu

Publié le 21 Avril 2013

L’univers entier entrera dans l’Eglise du Christ et deviendra le Royaume éternel de Dieu

« La création, n’est pas un déploiement, une diffusion infinie de Dieu, une communication spontanée des énergies produisant les êtres en vertu d’une nécessité de la nature divine. Le « Bien se diffusant par lui-même du néoplatonisme n’est pas le Dieu de saint Paul « qui appelle ce qui n’existe pas comme ce qui existe » (Rom., IV, 17). La création est une œuvre de volonté non de nature.

(…) La création n’a aucun fondement, ni en elle-même, étant créée par du néant, ni dans l’essence divine, car Dieu na pas été mû par une nécessité quelconque de créer. En effet, il n’y a rien dans la nature divine qui soit la cause nécessaire de la production des créatures ; la créature pourrait ne pas exister. Dieu pouvait aussi bien ne pas créer. La création est un acte libre de son vouloir et c’est le seul fondement des êtres. L’intention même de la volonté divine, quand Il le veut, devient une œuvre et son vouloir se réalise, devient immédiatement un être, par le pouvoir du Tout-puissant qui, lorsqu’Il désire quelque chose dans sa Sagesse et sa vertu créatrice, ne laisse pas son vouloir sans réalisation.

(…) La mort et la destruction ne seront pas un retour au néant, car la parole du Seigneur demeure éternellement (I Pierre 1, 25) et la volonté est immuable.

L’univers créé ne se présente pas, comme dans la pensée platonicienne ou platonisante, sous l’aspect pâle et chétif d’une mauvaise réplique de Dieu, mais il apparaîtra comme un être absolument nouveau, comme la création nouvellement sortie des mains du Dieu de la Genèse « qui vit que tout cela était bon, un univers créé voulu par Dieu et qui fut la joie de sa Sagesse, « une ordonnance musicale », « un hymne merveilleusement composé à la force toute-puissante », selon la parole de saint Grégoire de Nysse. (1)

(...) L’homme a été créé le dernier pour être introduit dans l’univers comme un roi dans son palais disaient les Pères grecs. « Comme un prophète et un pontife » ajoutera Philarète de Moscou en prêtant un accent ecclésiologique à la cosmologie de la Bible. Pour ce grand théologien la création est déjà une préparation de l’Eglise qui aura son commencement au paradis terrestre, avec les premiers hommes.

Les Livres de la Révélation sont pour lui une histoire sacrée du monde, débutant par la création du ciel et de la terre, finissant par le nouveau ciel et la nouvelle terre de l’Apocalypse. L’histoire du monde est une histoire de l’Eglise qui est le fondement mystique du monde.

(…) Le monde a été créé du néant par la seule volonté de Dieu – c’est son origine. Il a été créé pour participer à la plénitude de la vie divine – c’est sa vocation. Il est appelé à réaliser cette union dans la liberté, dans l’accord libre de la volonté créée avec la volonté de Dieu – c’est le mystère de l’Eglise inhérent à la création.

A travers toutes les vicissitudes qui suivirent la chute de l’humanité et la destruction de la première Eglise, de l’Eglise paradisiaque, la créature gardera l’idée de sa vocation et, en même temps, l’idée de l’Eglise qui se réalisera enfin pleinement après le Golgotha, après la Pentecôte, comme l’Eglise proprement dite, l’Eglise indestructible du Christ. Dorénavant, l’univers créé et limité portera en lui un corps nouveau, possédant une plénitude incréée et illimitée que le monde ne peut contenir. Ce corps nouveau est l’Eglise ; la plénitude qu’elle contient est la grâce, la profusion des énergies divines par lesquelles et pour lesquelles le monde fut créé.

En dehors de l’Eglise elles agissent comme des causes déterminantes extérieures, comme les volontés divines, créatrices et conservatrices de l’être. Ce n’est que dans l’Eglise, dans l’unité du corps du Christ qu’elles sont conférées, données aux hommes par le Saint-Esprit ; c’est dans l’Eglise que les énergies apparaissent comme la grâce dans laquelle les êtres créés sont appelés à s’unir avec Dieu.

L’univers entier est appelé à entrer dans l’Eglise, à devenir l’Eglise du Christ, pour être transformé après la consommation des siècles, en Royaume éternel de Dieu. Créé du néant, le monde trouvera son achèvement dans l’Eglise, où la créature acquiert un fondement inébranlable en accomplissant sa vocation. »

Vladimir Lossky, La théologie mystique de l’Eglise d’Orient, Aubier, 1944, pp. 88-91 ; 106-108.

Note.

1. In Psalmorum inscriptiones, P.G., t. 44, col. 4441 B.

Saint Philarète fut une des figures les plus marquantes de l'Église russe au XIXe siècle. Né en 1782, à Kolomna, près de Moscou, son bienfaiteur, le métropolite Platon, qui était considéré comme un grand théologien et orateur, écrivait à son propos: « Moi, j'écris comme un homme, mais lui il écrit comme un Ange. » Après avoir reçu la dignité de Docteur en Théologie, Philarète fut consacré Evêque à l'âge de trente-cinq ans seulement (1817). D'abord vicaire du Métropolite de Saint-Pétersbourg, il devint bientôt Archevêque de Tver, puis de Iaroslav et, au bout de cinq ans, il fut élevé au poste de Métropolite de Moscou et de Kolomna, charge qu'il occupa jusqu'à son trépas,  le 19 novembre 1867.

Saint Philarète fut une des figures les plus marquantes de l'Église russe au XIXe siècle. Né en 1782, à Kolomna, près de Moscou, son bienfaiteur, le métropolite Platon, qui était considéré comme un grand théologien et orateur, écrivait à son propos: « Moi, j'écris comme un homme, mais lui il écrit comme un Ange. » Après avoir reçu la dignité de Docteur en Théologie, Philarète fut consacré Evêque à l'âge de trente-cinq ans seulement (1817). D'abord vicaire du Métropolite de Saint-Pétersbourg, il devint bientôt Archevêque de Tver, puis de Iaroslav et, au bout de cinq ans, il fut élevé au poste de Métropolite de Moscou et de Kolomna, charge qu'il occupa jusqu'à son trépas, le 19 novembre 1867.

« L’univers entier est appelé à entrer dans l’Eglise, à devenir l’Eglise du Christ, pour être transformé après la consommation des siècles, en Royaume éternel de Dieu. Créé du néant, le monde trouvera son achèvement dans l’Eglise, où la créature acquiert un fondement inébranlable en accomplissant sa vocation. »

Rédigé par Restauration Universelle

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