La chair est la base du salut

Publié le 30 Mars 2013

La chair est la base du salut

« Quand Dieu pétrit le limon, pour que dans la suite il devînt chair, ce fut pour la chair qu'il travailla. Mais je veux que tu saches quand et comment fleurit la chair, de limon qu'elle était.

Car il ne faut pas croire avec quelques-uns, que ces « tuniques de peau », revêtues par Adam et Eve, au moment où ils furent dépouillés du paradis, signifient le changement du limon en chair, puisqu'Adam déjà auparavant avait reconnu dans la chair de sa compagne la propagation de sa propre substance.

- Témoin: « Tu es l'os de mes os, la chair de ma chair. »

- Témoin encore la côte, qui, enlevée à l'homme, pour former la femme, fui remplacée par la chair, tandis, j'imagine, qu'elle aurait dû être réparée par le limon, si Adam n'eût été encore que limon.

La chair est la base du salut, car quand l'âme est enrôlée au service de Dieu, c'est la chair qui la met à même de recevoir cet honneur. C'est la chair en effet qui est lavée pour que l'âme soit purifiée; la chair sur laquelle on fait les onctions pour que l'âme soit consacrée; la chair qui est marquée du signe sacré pour que l'âme soit fortifiée; la chair qui est couverte par l'imposition des mains pour que l'âme soit illuminée par l'esprit; la chair enfin qui se nourrit du corps et du sang de Jésus-Christ, pour que l'âme s'engraisse de la substance de son Dieu. Elles ne peuvent donc être séparées dans la récompense, puisqu'elles sont associées dans le travail.

Les sacrifices agréables à Dieu, je veux dire les laborieux exercices de l'âme, les jeûnes, les abstinences, la sobriété, tout ce qui accompagne la mortification des sens, c'est la chair qui l'exécute à son détriment. La virginité, le veuvage, la couche conjugale saintement privée de ses droits, le mariage unique sont des holocaustes que la chair brûle sur ses propres biens en l'honneur de Dieu.

Réponds ! que penses-tu de la chair, lorsque, traînée en public et livrée a la haine de tous, elle combat pour la foi ? lorsqu'au fond des cachots, elle est torturée par la privation si cruelle de la lumière, par son éloignement du monde, par la malpropreté, par l'infection, par une nourriture qui repousse, n'ayant pas même la liberté du sommeil, garrottée sur son grabat, et percée par les roseaux de sa couche ? lorsque reparaissant à la lumière, elle est déchirée par des instruments de toute espèce ? lorsqu'enfin elle s'éteint dans les supplices, s'efforçant de rendre au Christ, en mourant pour lui, tout ce qu'il a fait pour elle, souvent sur la même croix que lui, à moins que ce ne soit dans des tortures d'une cruauté plus ingénieuse encore ?

O chair fortunée! ô chair mille fois glorieuse, de pouvoir satisfaire à Jésus-Christ notre Seigneur par le paiement d'une si grande dette, si bien qu'elle ne lui doit plus rien que d'avoir cessé de lui devoir: d'autant plus enchaînée aujourd'hui qu'elle est libre.

Cette chair que Dieu forma de ses mains à son image, qu'il anima d'un souffle de vie à la ressemblance de son être, qu'il établit dans cet univers pour l'habiter, en jouir et commander à toutes ses œuvres; qu'il revêtit de ses sacrements et de sa discipline; dont il aime la pureté, dont il approuve les mortifications, dont il récompense les souffrances: cette même chair ne ressusciterait pas, après avoir tant de fois appartenu à Dieu!

Non, non; loin de nous la pensée que Dieu abandonne à une destruction sans retour l'œuvre de ses mains, l'objet de son industrie, l'enveloppe du son souffle, la reine de sa création, l'héritière de sa libéralité, la prêtresse de sa religion, le soldat de sa foi, la sœur du Christ. »

Tertullien, La résurrection de la chair, VIII-IX.

Il ne faut pas croire avec quelques-uns, que ces « tuniques de peau », revêtues par Adam et Eve, au moment où ils furent dépouillés du paradis, signifient le changement du limon en chair.

Rédigé par Restauration Universelle

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