Saint Maxime le Confesseur contre les blasphémateurs qui affirment que les corps sont un châtiment pour les âmes

Publié le 15 Avril 2013

Saint Maxime le Confesseur contre les blasphémateurs  qui affirment que les corps sont un châtiment pour les âmes

Saint Maxime le Confesseur (580-662), qui lutta contre les théories pernicieuses qui s’étaient infiltrées dans l’Eglise, s'opposa avec force à ceux qui enseignaient la préexistence des âmes, en montrant que cet enseignement dangereux conduisait directement aux désorientations gnostiques et dualistes les plus graves, avec les conséquences terribles pour une foi chrétienne qui insiste depuis toujours sur le fait que la Création est le fruit de l’Amour de Dieu.

Voici ce que dit saint Maxime le Confesseur :

« Le grand danger de la préexistence est que si nous disons que les âmes préexistent aux corps et que les corps ont été inventés comme un châtiment pour les âmes à cause d'une faute antérieure aux corps, nous posons la faute comme seul fondement de l'oeuvre grandiose et magnifique de la création des choses visibles (par laquelle Dieu se fait connaître par une proclamation silencieuse), faute qui aurait obligé Dieu, contre son dessein, à créer une substance qui ne lui plaisait pas, dont il n'avait pas le logos [l’intention ou la pensée] dès l'origine, avant les siècles, caché avec les autres logoi... En effet, tout ce qui est ou sera de quelque manière, Dieu l'a voulu, conçu et connu à l'avance selon son essence... Chacun des êtres a été sagement créé et projeté dans l'être au moment prédéterminé et convenant à chacun .» (1)

Avançant dans son discours, saint Maxime affirme avec une rare énergie, que la création des corps charnels - les corps faits d’éléments matériels que sont le sang, la chair et les os dont tous les hommes sont constitués - n'a pas pu être imposée à Dieu, sauf à soutenir un horrible blasphème.

La Création ne s’est pas imposée à Dieu dit ainsi avec force saint Maxime le Confesseur, car Dieu n’a pas été contraint de réaliser des corps matériels en punition d’une faute antérieure, mais il a créé tout ce qui existe en liberté et par amour :

« En effet, ou bien Dieu a fait les corps humains volontairement, selon un dessein, et ils demeurent selon ce dessein sans du tout dégénérer vers le non-être...; ou bien Dieu ne les a pas faits selon un dessein et il a été contraint contre sa volonté, conduit par violence à créer des êtres dont manifestement il n'avait pas les logoi... [l’intention, ou les idées préalables]. Mais qui a contraint (etyrannêsen) Dieu, si du moins on l'a contraint, et s'il est permis de penser que Dieu a fait contre son dessein ce qu'il ne voulait pas ? Et comment celui qui est contraint serait-il Dieu, s'il est forcé de créer contre son dessein des choses vouées à la destruction (les corps dans le schéma ongéniste) ? Ceux qui nourrissent en eux cette opinion, qu'ils osent le dire ! Car ou bien ils diront que c'est Dieu qui a agi ainsi, et ils diront un grand blasphème en attribuant à Dieu la nécessité de faire quelque chose contre son dessein; ou bien ils diront que ce n'est pas Dieu, et ils seront convaincus d'introduire un autre principe, à la manière des manichéens. Car c'est tout à fait le propre de deux principes antagonistes que ce dogme de la préexistence. » (2)

Cette dernière affirmation de saint Maxime le Confesseur est très importante, car elle éclaire le caractère profondément impie des conceptions origénistes qui soutiennent que Dieu fut contraint de créer le monde matériel et les corps pour y emprisonner les âmes chutées, car alors Dieu, qui est Tout Puissant, aurait été soumis à une nécessité, celle du péché ou de la désobéissance des anges et d’Adam, pour réaliser l’œuvre magnifique de la Création. Ceci n’a aucun sens et constitue un blasphème monstrueux. Et si pour éviter ce blasphème, ces mêmes partisans des thèses hétérodoxes déclarent alors que Dieu aurait confié cette création matérielle à des esprits intermédiaires ou des anges, c’est un blasphème plus grand encore qui relève des principes manichéens stipulant que l’univers aurait été réalisé par d’autres mains que celles du Créateur. On le voit, l’une et l’autre thèse sont insoutenables au regard du christianisme.

Et pour mieux montrer aux origénistes que leur thèse dualiste est sans fondement, saint Maxime le Confesseur s’appuie alors sur l'ascension corporelle du Christ, afin de prouver la réalité effective et indubitable de la résurrection des corps :

« Qui sera audacieux et téméraire... au point de seulement imaginer que les corps glisseront un jour vers le non-être, selon ce qu'ils appellent le progrès des êtres rationnels, tout en croyant que le Seigneur lui-même et Dieu de toutes choses est maintenant et pour toujours avec un corps, Lui qui conduit tous les êtres vers sa propre gloire ? » (3)

Il rajoute enfin :

« Car s'il lui plaisait qu'il en fût ainsi, il l'aurait réalisé le premier en lui-même, après les autres choses auxquelles il s'est soumis pour nous en sa philanthropie... Comment donc, si nous supportons qu'ils disent cela, croirons-nous que ce qui est uni à Dieu est aussi sauvé, comme le dit ce saint didascale (4) ? : ‘‘Le corps aussi, avec l'âme, a été uni au Dieu Verbe, donc le corps aussi sera sauvé avec l'âme’’. » (5)

Notes.

1. Ambigua II, PG.1328.

2. Ibidem, 1329 A 1 - 1332 B 1.

3. Ibid., 1332 D - 1333 A.

4. Saint GRÉGOIRE DE NAZIANZE, Lettre 101, 1 \ Kledonios, PG, 37, 181 C.

5. Ambigua II, PG 1333 D 5 - 1336 A 6.

« Si nous disons que les âmes préexistent aux corps et que les corps ont été inventés comme un châtiment pour les âmes à cause d'une faute antérieure, nous posons la faute comme seul fondement de l'oeuvre grandiose et magnifique de la création (…) Qui sera audacieux et téméraire... au point de seulement imaginer que les corps glisseront un jour vers le non-être (…) tout en croyant que le Seigneur lui-même et Dieu de toutes choses est maintenant et pour toujours avec un corps, Lui qui conduit tous les êtres vers sa propre gloire ? » (Saint Maxime le Confesseur).

Saint Maxime le Confesseur, écrivit des commentaires de passages difficiles ou ambigus de l’Ecriture et des Pères (les Ambigua ad Iohannem), des opuscules ascétiques et mystiques (les Centuries sur l'amour, le Livre ascétique, le Commentaire de la prière du Notre Père), un traité sur la liturgie : la Mystagogie, des lettres concernant la théologie, et des ouvrages de controverse. Il s'opposa aux monophysites qui soutenaient qu’il n’y a, dans le Christ, qu’une seule nature (la divine, au détriment de son humanité).

Saint Maxime le Confesseur, écrivit des commentaires de passages difficiles ou ambigus de l’Ecriture et des Pères (les Ambigua ad Iohannem), des opuscules ascétiques et mystiques (les Centuries sur l'amour, le Livre ascétique, le Commentaire de la prière du Notre Père), un traité sur la liturgie : la Mystagogie, des lettres concernant la théologie, et des ouvrages de controverse. Il s'opposa aux monophysites qui soutenaient qu’il n’y a, dans le Christ, qu’une seule nature (la divine, au détriment de son humanité).

Rédigé par Restauration Universelle

Publié dans #corps âme préexistence création

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Aaron 16/04/2013 22:00

"Qui sera audacieux et téméraire... au point de seulement imaginer que les corps glisseront un jour vers le non-être" dit Saint Maxime le Confesseur...très bien, mais c'est la pensée de la plupart des religions non chrétiennes (bouddhisme, hindouisme en particulier), du paganisme antique et même des gnostiques....sans même parler du judaïsme plus que discret sur le sujet.

Restauration Universelle 18/04/2013 20:57

Les traditions religieuses que vous citez Aaron, aussi respectables soient-elles, ignorent cependant le mystère de l'Incarnation, et c'est bien là toute le problème. Car l'Incarnation du Christ vient nous rappeler, que Dieu travaille à tout restaurer dans son Amour. Et "TOUT" ça veut dire, toute l'humanité en tous ses éléments, spirituels bien sûr, mais aussi charnels, car la matière créée par amour, sera transfigurée, "spiritualisée" (mais sans rien perdre de ses caractéristiques) dans l'amour. Et cette certitude pour chaque chrétien, est un grand motif de bonheur, et c'est pourquoi nous remercions et glorifions Dieu.